30/12/2006
Des Ferrero sur le bureau
Objets et parfois gadgets sur les bureaux me parlent d'eux , les absents. Le portrait des enfants sourit au pot à crayons , souvenir, trophée d’un mois de juillet déjà lointain, l’une des secrétaires a ses dossiers mal rangés sur ses "états j'erre" , l’autre ,sa voisine, détient le mérite de l'organisation . Je suis là , à nettoyer le quotidien des tâches entreprises , les corbeilles vomissent des gobelets de cafés serrés , des notes et des penses bêtes/ têtes de la longue journée. Pièces après pièces, , je remarque que certains sont maladroits et ne visent pas bien le panier , sûrement trop dépités ou trop déçus pour se baisser à ramasser …
Leurs journées sont composites entre néons blafards , complaintes du téléphone, et urgences .
Je travaille sur l’envers du décor et déambule au recto de leur vie . Je nettoie et dépoussière en silence le châssis d’un tableau, leur cadre de travail. Le soir quand j’arrive et que je les croise sur le départ , certains me disent bonjour en m’appellent par mon prénom , et d’autres ne me voient pas, et pourtant ils me désignent comme la technicienne de surfaces , "TECHNICIENNE " c’est contemporain , un brin glamour , comme vocabulaire , pour une femme de ménage , non ? ça va bien dans leur bouche , je trouve …..Cela dit, je préfère bonjour !
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26/12/2006
En y mettant du blanc à la couleur
Face au miroir elle se poudre le nez ,l ’apprêt se confond en cérémonie , tac tac tac tac , le geste est rapide et précis , elle y met de l’ardeur et de la couleur, s'évapore au contact d'un arôme enchanté , soupire et se laisse aller , et pourtant quand on la découvre, déjà elle transpire et blêmit ….
sur un trip
22:50 Publié dans portrait | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
23/12/2006
Faites donc .....
Les télés , les sapins et les lumières brillent , la table , demain soir , se prendra pour une jeune mariée avec sa robe blanche , impatiente de voir tout le monde presque heureux , autour d’elle …Le repas sera soigné et élaboré ( ou tout raté , tout dépend de la cuisson !)
4 h passées dans la cuisine à surveiller , la bête : le chapon , puis la grande question : le saumon , je le mets avant ou après le fois gras ? Ma mère va de suite noter l’absence de crèche dans le salon, mais bon ….elle s’en remettra :)
Un coup de tel cette après-midi me disant : l’on vient aussi m’est allé direct dans le cœur, j’ai adoré ce coup du sort , ce porte bonheur …
Nicolas , Sylvestre, Valentin et les autres beaux gosses du calendrier, font partie des négoces de nos vies.… J’entends à peu près partout dire que les fêtes sont trop ceci ou plus vraiment cela, trop de gras et trop de chocolats ….. Mais bon, autour d’une table 3 générations seront réunies, c’est déjà ça, c’est important pour moi . Ce n’est pas la magie de Noël ,ni l’opération du saint esprit, qui allume les bougies et dresse la table . Non c’est juste l’envie d’ une famille ordinaire, pareille à des millions d’autres, contente de se retrouver . Un repas autour duquel les souvenirs seront pour la énième fois raconter, les avis partagés et échangés , les silences pour un soir oubliés . Un tant, sans merveilles ni féeries , justes là , avec en cadeaux les présents…..
********* Je vous souhaite à tous de bonnes fêtes **********
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19/12/2006
Mr mon ami
Dans quelques semaines sonnera l’heure de ma retraite et des honneurs, le glas du labeur accompli.
Je trouve injuste que tout se termine sur un détour, un cul de sac . Sur les traits de mon visage, l’on peut déchiffrer la nature de ma vie : entre travail et famille, j’ai tenu droit , tenu, simplement, bon .
J’avais promis à ma fille de venir la voir plus souvent à Paris ….J’avais promis à ma compagne , un séjour au Canada , l’ un de ces voyages de retraités. Vers 60 ans, après ce tout, l’ on se donne le droit de profiter … L’impression de mériter n’est que leurre . Je n’ai pas embrasé mon destin, non je l’ai juste embrassé sur le front . D’un de ces baisers raisonnables déposé en faisant toujours attention à ne pas brusquer, ne pas forcer l’instinct. Tantôt père , tantôt mari, je portais bien le pantalon de sport pour aller chercher le pain le samedi .
Une retraite m’attendait, la suite envisagée, l’ordre construit , avec la vie calme posée sur le dessus, sans malentendu ni mauvais esprit …. Ça me fait tout chose, ça me fait tout drôle de songer à devoir partir avec un crabe incrusté, tatoué à mes tripes, un corps de travers, et mon vœu de dignité asphyxié par la nausée …. . Dans un relax ajusté au gazon, je réchauffe ma peau au soleil , corps fatigué des rayons …. Ça me fait mal, déjà, de manquer aux 2 femmes d’une vie .
Je n’aime pas jeter des promesses en l’air, de ne pas pouvoir souffler sur la vie ….
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16/12/2006
L'amer Noel
20:14 Publié dans etats d'ame | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : hum !
15/12/2006
Elle redoute déjà !
Ajustant son sourire sur le glacé de la gravure, là voilà partie loin de la pluie froide d’un 15 décembre . En arrière plan : une plage parfaite (avec cocotiers pas loin) , à tout moment un prince branlant, un bellâtre un homme pourrait s’approcher, lui sourire et lui faire comprendre qu’elle lui fait de l’ »impulse « effet ….. Et le plus naturellement du monde, elle trouverait ça normal et en rien navrant …. Jetant avec nonchalance, sur le sable blanc , son paréo à 14€ et favorisée d’un maillot bleu pastel, soulignant son corps « idée hâle » et ses courbes parfaites, ils iraient nager avec leurs amis les dauphins ….
4 pages plus tard , le pantalon en lin ,les escarpins, au prix qu’il faut bien, et elle se délecteraient d’un cocktail sur une terrasse en teck …. Vient, ensuite, string noir du samedi soir, la soirée torride, l’after à la mode caraïbes, coups de show et coups du soir ….
Mais en fait non, elle « redoute » page après page, le bourrelet à cacher sous le paréo à 14€ ….. Elle se console en s’en foutant un peu, elle n’aime pas trop aller le dimanche après –midi à Gruissan-Plage, le soleil lui est interdit ….Papiers gras et sable dans le thermos ne l'attirent pas plus que ça ....
De toute façon , elle n’a plus de sous ! Mais bon, va falloir retourner courir un peu quand même, la robe dos-nu sera, donc, l’une de ses résolutions …. En janvier débutera le régime petits suisses ! Elle est vache, vachement superficielle, mais bon on se refait pas!
Au mieux on s'arrange, non ? Enfin on essaye , en attendant ça occupe !
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12/12/2006
Sang cible ?
Drôle d’intense pourrait être à peu près ça :
Je veux des mots sensibles, sang cible, des draps fatigués, décor soyeux, des corps enchantés , des paroles qui tuent :
Gestes doux et leur contraire , des images, des clichés pourquoi pas gnangnans, ordinaires et un brin impersonnel, colorés à la rose bonbon … Entendus et chantés façon vilaine fermière . Des trucs en forme de cœur et de petits chatons . Le flou sur le cliché, l’expression de l’âme usée, le cœur saignant bleu, des mots punaisés sur les parois de mon souvenir, des posters dessinant le coucher du soleil , disposer de l’aire flou/e d’un jeu thème, à part tenir le souvenir au creux de mon ordinaire, aimer et adorer, à l’or des photos, des épreuves : paroles et paroles …..et avec ça penser, aimer à panser que rêver peut être délire ou projet ….. ![]()
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09/12/2006
À tension, tenir à Caro
Je suis :
Le mot d’école signé sur le cahier et oublié 3 jours après
Les deux pas tentant de se juxtaposer sur le rythme d’ une trop grande et trop rapide enjambée d’un père, le matin
Le mur du son de la dispute, répercussion atténuée par la porte de ma chambre fermée
Le sourire à peine dessiné sur la photo de classe et dont on n’a pas eu l’occasion de parler
Le transitoire appétit le soir autour de l’assiette
Les morsures du silence et des crises de boulimie à l’adolescence
Le dégoût sucré dans la bouche, l’insupportable manque à combler
Le vomis le rejet d’un corps pesant,
La place difficile à trouver puis à prendre
L’habitude de ne plus essayer de dire, l’ » à force « de gérer
J’essuie et efface le tant manqué en perpétrant la transparence , en faisant attention, à tension, de ne pas poser de difficultés face à une fratrie bruyante et discordante
L’attente de mes parents, latente sagesse, solitude à digérer
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02/12/2006
Juillet 1979
Poupée flamenco , figée, faisant mine de danser sur un napperon posé sur le merisier d’ un buffet. Avec mes bras entrouverts, mon buste penché sur le côté , et mon port de tête fier, je provoque cette enfant me regardant allègrement . Ma robe carmin aux volants abondants, mon faux air de Barbie attirent cette gamine mal coiffée . Je fais partie des objets interdits, de ces sujets précieux, représentante du souvenir des seules vacances de toute une vie. Vie écoulée à la sueur des fronts , un parcours où les mains se sont abîmées au labeur et au lavoir , une vie où le seul répis fut une quinzaine égarée en été 1962 . J’ évoque l’une des rares fantaisies de cette juste existence …. Jour après jour, ma beauté et mon originalité défient la gamine de braver le défendu, de m'enlever, de me chaparder : dessein d’une enfant de 7 ans . Je vois cette minote attendre patiemment que sa mamé change de pièce, afin de me soustraire. Montant sur ses demis pointes pour tenter de m’atteindre, elle sort presque la langue, respire de plus en plus vite et de plus en plus fort . ….
Elle tire doucement le napperon vers l'extérieur , lui donnant l’impression de la dédouaner un peu de sa faute , je glisse vers elle, je coule en direction de sa malice . Elle rougit, à la fois consciente de sa bêtise et excitée de transformer le « décorhome « en jouet .
CAchée sous sa robe, j’entends la porte mouche de la vieille maison de village claquer . Elle court pour me cacher, se cacher ….
Toutes deux alliées pour une après-midi d’été, dissimulées à l’ombre des arbres , tout prés d'une rivière . Je suis tour à tour princesse et reine, Je suis personnage irréel et son contraire, emportée dans les volutes d’un candide imaginaire …. À présent je vous laisse dessiner la tête de la grand –mère découvrant sur le napperon du buffet , à ma place , Barbie bras cassé …. Signature et secret espoir que l’envie fut comprise.
De retour sur ma scène en fine dentelle , je regardais la petite fille gratter du papier . Il me semble que la punition s' écrivit en 100 phrases, sanction agrémentée du remord d'avoir choisit l'interdit, le facile …. ![]()
22:55 Publié dans etats d'ame | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : hum !






