20/10/2007
5787 caractètes en 5 heures , en off ....
Devant le miroir, elle se fait le procès. Procédure quasi intime, Léna s’examine de bas en haut et de biais. Un travers, un apparat, apparemment tout ce qui a été croqué est grossier à regarder.

Un jeu de l’égo en crise, plus grave qu’un mauvais passage d’ado. Parce que j’ai quatorze ans, je devrais adorer Cindy, Claudia ou Linda et leurs vies crèmes glacées. Merci adultes de me procurer la bonne excuse . C’est une imposture que je vous fournis en les affichant au-dessus de mon lit . Ces belles fabriqueraient mes rêves et mes projets. Laissez moi en rire...Mais en secret ! De cet univers, de cette mosaïque préfabriquée, je figure un huis clos aussi . Oh si vous saviez comme je suis non-envie ! Connaissez-vous, au moins l’ampleur de ce désespoir que je nourris ? La sentence n’est jamais remise de peines, à peine s’aperçoit elle du mal être qui la gêne. Léna jette son corps dans l’oubli, elle s’enfuit via le terrain des diverses errances de l’anorexie. À la légère cette fille incarne le juge, elle ne se sait pas en corps victime . La pucelle tourne sur elle-même, se penche, scrute la moindre parcelle de chair. La femme novice ne comprend pas tout. Ce tout ce qu’il faudrait faire, à la réflexion, pour rester candide, s’arrêter au naïf but de naître qu’enfant durant toute une existence. Je ne suis jamais satisfaite du chiffre que m’indique le cadran, il n’est pas le bon numéro. Je veux toujours plus, toujours plus de kilos perdus. Mon corps égaré. Éphémères victoires, et sur la barre faire l’apologie du moindre gramme de moi séparés . Le refus d’un corps, l'hasardeux décor- home me fait envie. Ma chair semble prison, et sur un derme glacé je la refroidie. Mon être est blessure quand je me nourris, je n’aime pas tant ces rancœurs ni ces nausées, mais je reste solidaire, solitaire dans cette curieuse volonté . Ce placebo, cette barre sous laquelle , dans ma quête , je voudrais me glisser . Mes parents me savent élève studieuse , tout va bien , avec des raisons pensent-ils que je n’ai pas besoin d’eux . En effet ! Sinon, comment pourrais-je assouvir mon secret en-nuit , s’ils avaient un « temps « soit peu l’attention éveillée, peut être alors qu' ils me verraient. L’indifférence réciproque me va mal, desêtre engagé. Léna est dans la case des élèves appliqués, il n’y a pas de quoi s’inquiéter, elle aime lire et bûcher, elle s’accommode de la froideur du foyer. Le soir en silence, je m’applique à effacer toutes les traces de mes bouchées, je m’épuise, bouge mes jambes , mes bras, des membres à effacer, tout mon corps un jour ne sera plus qu'une ligne, une liane, un dessein . Des formes et déforme que j’aurais travaillé. De ma chambre, chaque soir, je peux entendre les mêmes bruits, sans arrêt leur télé reste allumée , ils comatent , font du gras sur le cuir du canapé. Dans le mouvement, je brûle les calories. Demain je serais tout aussi austère, rigide avec les calories. Tous mes gestes de la journée sont inventoriés, recensés . Les calories s’additionneront de 600 à un maximum de 800 . L’élève ne prend plus le bus. La névrose est un programme fait pour marcher . À partir de maintenant c’est à pied que je me rendrais au lycée, je me punis quand j’ai mangé . Mercredi, les marches du stade voisin seront délices de mon palais, les gouttes de transpiration se couleront sur le tapis du défi supplémentaire, et se compteront en nombre pair. Les combiner, puis les gravir deux fois en courant, je suis ravie , je suis à la limite , à aucun moment ma volonté ne s’ évanouit .
-« Tant que tu n’arriveras pas au-delà de quarante kilos, tu ne sortiras pas de ta chambre . Tu n’auras ni visites, ni nouvelles de tes proches . Les seules sorties se feront au réfectoire ou dans la salle d’ergothérapie. Une pintade infirmière surveille tous vos repas. Aucune fille ne sortira de la cantine le ventre vide . «
Des souliers bleus vernis pour homme, il ne me semble pas en avoir connu !
02:10 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note






Commentaires
Lu et approuvé.
Pas toujours facile à suivre, et parfois les jeux de mots, tes constructions ou remplacement de mots, créent des spirales à l'écart du texte qui éloigne de la lecture.
Mais l'objectif est atteint, ce texte mets mal à l'aise.
Ecrit par : Voiker | 25/10/2007
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