10/12/2007

Suggestion, force aimant......

Cette rue,évidemment ….
Cette rue piétonne qu’une trentenaire emprunte régulièrement. Ici, c’est une petite ville, des rues piétonnes, il n’y en a pas tant. Et « temps » de souvenirs se décrochent au passage des ruelles.
Lieu d’une enfance et d’un ancien territoire.
Les samedis d’été, les jours où il n’y avait pas » centre-aéré »/ centre désintérêt. Les enfants de commerçants, attendaient dans cette rue, la fermeture des rideaux, ceux des magasins. De jeunes êtres infatigables, patientaient et  se présentaient en tant que fils et filles de l’imprimeur, du pharmacien, du libraire  …. Tribu en miniature, pas vraiment des amis, juste de jeunes voisins trompant l’incertain ennui.
Des visions floues s’offrent devant les yeux de l’une de ces anciens enfants. Des longueurs de journées partagées, ces jeux, ces dessins de marelles sur le pavé . À cloche pied, ces gamins goûtaient au pouvoir de passer de la terre au ciel, tandis que leurs parents discutaient et  blaguaient  en fin de journée sur les pas de portes. Tous les sujets y passaient : la crise, les grandes surfaces, l’agencement des vitrines, les avis, bref des histoires de grands.
Le libraire, lui, aimait exposer les aquarelles de Charles.  Témoignage de sympathie du commerçant, envers un homme, malgré tout les préjugés, heureux, naturellemnt gai….
Cette vitrine passait le message, un signal de sympathie  : je montre, c’est beau, ça me plait, après tout je fais ce que je veux.  Je possède peu de choses et surtout peu d’ à prioris….
Les peintures contaient l’histoire de cet homme blond platine, un être assumant tout. Icones énonçant un monde, l’univers de ces nuits, et une foule d’ habitants aux allures extraverties. Tout un ensemble, un univers suspendu autour d’une planète, une boule à facettes. Images mirifiques.
Des tons sur tons dans la vitrine, clin d’œil, coup de chapeau également…..
20 ans après la fille du libraire déboule dans un minuscule magasin, une librairie, pas loin de l’ancienne de ses parents. Le libraire frisant la cinquantaine prend le temps de la conseiller, discuter, et d’échanger quelques idées. Elle aime lire l’errance, il la conseille … Puis s’en suit 20 minutes de très sérieuse discussion, invitations à certaines lectures.
Au moment de payer, les yeux de la femme se promènent vers l’extérieur. Elle sourit …. elle explique sa nostalgie. « Il y a 20 ans, je jouais dans cette rue à 1,2,3 soleil, mes parents y tenaient aussi une librairie, 30 mètres plus bas …. À la place, à présent : Ces horribles meubles anglais. »
L’homme sursaute et se révèle tout autre : Le ton, les expressions, et le rire s’échappent. L’ancienne et insondable folie du monde de la nuit qu’il fréquentait se dessine via ses dires. Maintenant, il se retrouve également 20 ans en arrière. Tout une ambiance reprend vie en quelques phrases. L’évocation d’une époque commune, et les souvenirs différents s’entremêlent, revivent. Les jeux d’ennuis, fille de …. pour elle, cabaret pour lui. Faces cachées et phase lumière néon bleu.
Charles parfois à des proches, au milieu des soirées, parlait non pas d’un ami, ni d’un ennemi, mais d’un type qu’il appréciait. Il en parlait comme d’un mec bien, à priori. Ils exposaient, discutaient tous les deux. D’humain à humain.
 9bc0f154a91ee3ab8a83e1ba4cd9ebfe.jpg

Ecrire un commentaire