04/01/2008

Essorage 400 tours, laine programme fragile .

Luce ne va pas très bien d’après ce que j’ai constaté, au cours des 24h passées avec elle. Je l’ai compris, en creusant un peu…. Je me suis surpris à redevenir, pour elle, un peu curieux… Cela m’a distrait…. 
C’est une femme plutôt réservée, au premier abord, qui est venue me rejoindre dans mon studio….La féminine attitude excessive ne fait plus partie de son « modus operandi «, une sobriété qui lui va mieux. Luce aurait-elle moins besoin de se rassurer quant au reflet de son image ? Ou deviendrait-elle beauté d’intérêt plus modeste ? Le temps passe, et corrode, aussi, le désir d’efforts à fournir. Je ne fais que spéculer en tant qu'observateur, seulement homme....Il est vrai que les marques du temps sont plus accommodantes et conciliantes pour un lambda mâle : Des normes plus vastes, l’irrémédiable dévastation passe d’avantage inaperçue lorsqu’elle se trouve conjuguée au masculin, non ?  Bien sur que si !

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28/12/2007

AVATAR

Tous ces gens autour de toi, les proches, je les écoute chapitrer les actes manqués, à chacune de leurs visites…..Ils se plaignent en vérité, pleurent sur des nostalgies improvisées. Ils se mettent en scènes .La facilité des présents : les regrets ….La sincérité serait donc une simplicité trop difficile à assumer.
(...)
L’attente de l'imprévu. L’événement… heureux reste en corps officieux….
Je refuse que ta nouvelle vie soit ma seconde chance… Celle de gagner ma bonne conscience. Pas à pas …. Je ne vais tout de même pas tenter de racheter mon âme avec une présence hypocrite à ton réveil. Je suis passé, à demi mots je te conduis jusqu’au constat. L’accident de vie, le tien dont je suis en partie responsable. Déraison. Des raisons pour aller jusqu’au dernier article de cet immortel ouvrage.
(.....)
Cette liaison illégitime  a besoin de ta condamnation, de ton jugement, d'après Luce ….. Le mari et la maîtresse réunis, cette fois, dans la salle. Sale histoire.
Je trouve Luce si injuste envers toi. Cette volonté de grande sincérité n’incarnerait donc que le relief d’un remord immense. ll serait dommage que son repentir te fasse souffrir. Toi, notre victime finalement . Ni  elle ni  moi n’étions résolus à vouloir si bien faire les choses par le passé. Me semble-t-il.
Je favorise le gouffre du manque d’envies, pour ma part…. N’ y vois pas une prémonition au suicide,  hum ! la détermination fait partie de l’ancien Eliot… Les autres n’auront qu’à se débrouiller avec toi comme phénomène : Le sujet de leur conversation pour au moins la décennie à venir… Avenir.
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21/12/2007

Dérision

Léna, tu es prisonnière de ce lit d’hôpital, inconsciente, enfouie dans ce coma….. Je suis là, te veille depuis 1 ans déjà … Ce qui me laisse le temps de repenser à toute notre histoire. Label histoire. Du temps que je te consacre …
Nous deux, ce couple idéal et soudé ….. Tu étais là pour moi, dans les moments difficiles. Tantôt rassurante, souvent bienveillante et gentille …. Présente après mon licenciement. Pleine de ressources et de courage quand j’ai monté ma propre boite. Infatigable déterminée à chercher des solutions quand celle-ci a coulé….
Tu disais que ce n’était pas grave de perdre la maison, peu importe l’endroit, même dans un studio tu avouais être heureuse, car nous étions ensemble….Puis quand j’ai fait ma dépression suite à cet enchaînement malheureux, pas une seule fois, toi , cette femme forte, que tu incarnes ne m’a reproché mon humeur maussade ….
J’en arrive à une  conclusion en forme de question, (J’ai eu le temps de bien réfléchir, depuis un an …. Puisque planté là à t’attendre  ) : Léna, tu porterais pas un peu la poisse ?
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19/12/2007

Radio Lucien

Un pub dans le ventre de la mégapole.Giron auquel je commence à m’habituer, vison et frôlement des corps que je commence à vouloir apprivoiser. Le décor d’un bar me trouble. La chaleur d’un éclairage ocre et tamisé contraste avec des cloisons de verre et d’acier, les tables et les chaises possèdent à la fois, forme ancienne, et matière plexi. L’usage et l’esprit se mélangent , les siècles , les époques semblent s'amuser ici. Rien n'est figé. Rien de comparable avec les banquettes des troquets, en bordure de fleuve. Moleskine, brume et brunes cigarettes paraissant à des années lumières d’ici.
La curieuse conception de ce bistro « temps «  moderne et contemporain attire les regards extérieurs. Le mien en l’occurrence, capté par cette ambiance singulière. L’envie d’un vertige dans ce lieu quasi intemporel m’appelle….

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25/11/2007

SPIRALE. Encore la suite du truc. Episode 3 donc .

SPIRALE.
Aujourd’hui, j’ai aperçu ta mère à l’hôpital. Elle portait un chemisier blanc et un jean, et comme d’habitude ses cheveux étaient strictement tirés en arrière. Nos yeux un peu sombres se sont dit bonjour…Son regard maternel se déverse sur toi. Mais tes yeux restent fermés. Présence, la permanence tresse les mouvements. Des corps circulent, errent, s’arrangent dessinent une spirale autour de toi. Mouvement circulaire. Tous sont assidus rien que pour Léna. Mobiles au-dessus de ton lit, parfois ils s’agitent et tournent en rond. Percevoir leur danse, cette attention peut-être te rassure ? Nous veillons continuellement, sommes inquiets parfois, te contemplons souvent. Tu vis dans le blanc d’un coton, mais pas celui d’un berceau.
Parfois pour avoir la sensation de te divertir, je t’inonde de sons. Celui de Bjork me paraît tout à fait indiqué….Tu disais aimer son univers, si singulier.
Mes visites se régulent, à présent, par une fois par semaine. J’enroule mes semaines autour d’un mercredi. Ce jour, c’est le tien. Puis, une fois par semaine, c’est bien. J’ai ainsi des choses à te raconter. J’ai rencontré un de mes nouveaux voisins, par hasard dans un bar, à 3 rues de l’immeuble. Nous nous sommes saoulés au whisky. Il m’a raconté sa vie, ses histoires. Un ennui de mortels, je crois. Je n’ai pas commenté quand c'était triste, ni souri quand c’était gras. De toute façon, je n’avais pas l’envie de trop parler. j’ai bu à côté de lui. J’ai acquiescé, soulevé les sourcils, il m’a dit : Eliot, tu es un ami ! L’amitié, hum ! C’est en le laissant, de retour dans mon studio que j’ai souri. Cette journée s’appelle spirale, je passe d’un monde à l’autre. 

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22/11/2007

Représentation. La suite du truc

La suite du truc , pour ceux qui suivent :

REPRÉSENTATION.
Je tente de croire encore à un lien tendu entre nous. Torsions et tensions de ma vertigineuse errance. Mes états de civil vont s’ étendre sur ce fil conducteur. Léna, aujourd’hui, je vais te parler un peu du présent, d’accord ?
Ce journal, à la réflexion, semble être aussi un merveilleux moyen de faire les présentations. REPRÉSENTATION, tiens ! le titre de cette journée apparaît comme une évidence. Je vais te faire l’article donc, me produire devant toi. En tête d’affiche :  Eliot, moi. Sais-tu seulement au moins mon âge, le tien ? Notre nom ? Je figure en seul survivant de cette famille, l’unique messager. Hé dis donc, quand te réveilleras-tu la belle au bois dormant ? Sale histoire, tout compte fait ….
Tu sais quoi ? Tu vas peut-être même rire. J’apparais comme un modèle d’homme réservé, voire même effacé, au regard commun de mes nouveaux voisins. Te rends-tu compte ? Moi devenu, juste Clark Kent ! Exit Superman, ça ne m’excite même plus. Pour te dire l’instant. Mais bon, sait-on jamais …. Tu me connais. Enfin, ce journal va t’y aider. Oui, nouveaux voisins. Ah je ne t’ai pas dit, j’ai vendu la maison. Un bonne transaction au regard des acquéreurs. J’ai demandé une somme adaptée à mes besoins. Et comme ils ne sont plus très nombreux, à priori… Cependant, ce pris(x) à  payer possède au moins le mérite de faire des bienheureux. Je n’ai plus d’onéreuses envies, de toute façon…. Des êtres tous neufs à l’intérieur du pavillon, donc. Mais bon, que veux-tu…. J’étais pressé de ne plus contempler les fantômes de nos silhouettes, à tout bout de champ. Déménager de cette maison, c’est également, ne pas trop m’oublier ….Ton champ de vison se limitera, en conséquence, aux pages de ce cahier. Si tu n’y vois pas d’inconvénients. Tu n’as pas ton mot à dire ? Non, bien sur ....L’ironie de ce sort est l ‘absence de remarques, de reproches. C’est un aspect confortable que je découvre. Le bonheur du jour…   
Un an, déjà, à attendre ton réveil ça faisait trop cher pour moi. Donc je te présente, le type pour lequel j’ai opté : un singulier, un tout seul. Un qui ne voit plus en grand, en grande superficie, énorme superficiel…. Un studio dans un immeuble, une mégapole pour moi inconnue. Perdre ainsi mon amertume, au milieu d’un labyrinthe, la faire passer. Passer sans doute  inaperçu. Le mal de l’âme me plonge dans un gouffre plus ou moins profond .C’est assez vague.
Dans quelques jours, quelques semaines, un autre moi, je te présenterais mon quotidien.

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Début . Le début d'un truc, peut être



1er jour  de ce journal. Laisser une trace, livrer à Léna ma mémoire, celle de notre histoire. Lui montrer, un jour, peut-être. Baptiser certains jours, d’un mot. Un terme annonciateur de mes états, mes conditions atmosphériques. La gueule de mon atmosphère : Dépression, ciel bleu ou nuageux selon. Néant moins toi, mon front reste, depuis, inquiet, quelques ondées par ici, par là un léger froid. Des larmes, sûrement pas ! J’attends juste que passe l’hiver. Je chapitre et titre certains jours quand  le cœur me redit. Je voudrais te montrer comment nous avons été…. M’adresser à ma Léna, celle que j’ai connue, celle qui ne me reconnaîtra plus, à son réveil. M' a-t-on dit. Plus rien, que dalle, tout réapprendre, la reprendre comme au début. Voudra-t-elle bien de moi ? En ai-je le droit ?
Aujourd’hui, pourrait s’appeler: DEBUT.
DEBUT
Un début dont seul moi me souvienne. Tu ne te rappelleras vraiment plus de notre première rencontre, Léna? Pas même, un tout petit peu? Je crains de négliger certains détails en te racontant. Des détails, comme ceux de la couleur de ta robe, par exemple. Mais c’était, pour sur, une jolie robe, toi dedans. Derrière mes paupières, apparaît l’image d’un décolleté, le dessin de ton cou, un goût de crème. Un oublieux, moi aussi ? Non je ne permettrais pas! Pas pour ces instants, nos instants réunis. Non, ne t’inquiète pas, pour nous deux, je n’omettrais pas l’essentiel. Sans doute en tant que compagnon de ta 1ere vie, vais-je manquer parfois d’objectivité. C’est normal, hormonal aussi. Cependant, tenter d’incertaines explications me paraît juste. Saurais-je trouver le juste milieu, au milieu de cette mémoire, dont je suis à présent le seul détenteur ?
Au début, il était bien notre duo, très bien même. Léna un peu belle, et pas trop mal roulée. Tu t’enroulais dans un châle espagnol, le soir. Les soirs d’été, tu disais venir capter le frais. Sais-tu que ta peau ne supporte  pas les fortes chaleurs des après-midi, le soleil qui cogne ? Rien ne te va, d’ailleurs, ni le chaud, ni le froid, en coprs moins le tiède. Tu n’appréciais que le douillet. Ta peau est-elle devenue amnésique aussi ?
Au début, je te considérais parfois comme une ingrate. Toi, tu corrigeais en explications diverses et variées. À varier, je t’observais te confondre en mots d’excuses : étourderies, légèreté, ou égoïsme. Ces dires, tes seules défenses. Et si cela ne me plaisait pas, je n’avais qu’à m’en aller. Partir ! Comment aurais-je pu ? J’étais attaché à toi, les pieds scellés dans le béton de la maison, ciment des habitudes. Si je mens, je nous vois mourir. Mourir les traces de notre histoire d’amour. Quand même ! Je ne trouve pas que soit  juste qu’il ne reste que moi.
Le seul qui se souvienne, et attende un début à nouveau. Toi, ton espoir ne peut être porté que sur l’avenir. Un retour en arrière, que pourrais-tu bien en faire ? Un blanc à remplir. Inutile, remue méninges, n’en parlons plus. Ton passé sera un livre, un objet posé sur ton chevet. A toi de décider de l'apprécier ou pas. Des buts, sans toi ?  Ma solitude …


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